Chinois, si j’dois partir ou pas

Séréna, Séréna, mon bouquet de roses, mon balai à vérandas, étudions aujourd’hui pourquoi tes yeux bridés rappellent ta sombre provenance du pays du Soleil Levant, et pourquoi les japonais et les chinois ne sont qu’une grande famille d’assassineurs de chiens.

Commençons la démonstration : prenons un japonais, fraîchement huilé, de taille moyenne, avec ou sans option ping-pong (si il passe son bac). Prenons maintenant un très grand bol d’eau, d’une fois et demi la taille du japonais, bras et jambes tendus. Si le japonais rechigne à tendre les bras, on aura la présence d’esprit d’accrocher un chien au plafond, ce qui le forcera en toute logique à tendre les bras pour attraper la bête. Si il s’en fout, c’est un faux japonais, chercher l’étiquette “Made in China”, le jeter et en prendre un nouveau.

Une fois qu’on a réuni un véritable jap’ et une méga bolinette, se munir d’une masse quelconque, pesant trois fois celle de l’individu, qu’on lui attachera à la cheville droite, s’il a des chevilles. Comme on ne connaît pas le poids du sujet, on tâchera de prendre de la marge et de choisir des masses imposantes, pare-choc de Twingo mouillé, belle-mère ou paquet de dictionnaires espagnols.

Une fois les ingrédients réunis, jeter le japonais et la masse dans le grand bol, et s’assurer que le japonais n’a pas accès à l’air libre, ou qu’il n’est pas muni de branchies, sinon quoi l’expérience serait faussée.

Maintenant regardons bien le comportement du japonais au cours de son immersion : il sombre bêtement, esquisses quelques mouvements fugaces pour exprimer son inconfort, puis, comprenant qu’il est en train de donner son corps à la science, merci bien, il se met à réciter quelques poèmes dans sa langue natale, à propos des arts martiaux et de l’art de bien mourir (les fameuses kata-strophes)(je cours vite de toute façon).

Enfin, une fois qu’il a utilisé sa dernière bulle d’oxygène, il mollit subitement et reste là sans rien faire, bien content d’avoir trouvé le repos éternel tout en ayant pris un bain à nos frais.

Conclusion : pour tout japonais bipède ou au delà, et pour tout bol d’eau suffisamment grand pour que son volume V tende vers plus l’infini quand X tend vers le nord, on constate que le japonais ne fait pas qu’être mouillé dans le bol, il chinois.

CQFD.

Le balcon, Internet, Internet, le balcon, voilaaaa
(cliquez sur l’image pour la full HD 360 stereo 3D avec ricochet en standby sur le genou droit du pape)

Le balcon, Internet, Internet, le balcon, voilaaaa

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13 mai

Aujourd’hui j’ai été promu. Non que d’habitude je sois contre les mus, mais cette fois le chef des ingénieurs m’a convoqué dans une des salles de conférence, avec son regard spécial “tu sais Jack, ça va pas être facile”.

Lâchant mes activités habituelles (me regarder dans le reflet de mon écran, nettoyer mes touches, écouter un morceau des Beatles en stéréo et le ré-écouter juste après avec le casque inversé), je l’écoute avec mon regard de chien abattu (pas facile, mais ça se travaille), et le bonhomme m’explique que hier lors de la réunion ingénieurs (à laquelle j’assiste, au sens physique du terme), il a vu mon regard s’illuminer lorsqu’il nous a annoncé que la boîte voulait recruter un développeur iPad.

Ce qu’il ne sait pas, c’est que hier j’ai sursauté parce que je pensais que c’était une belle connerie de recruter un ingénieur iPad, sachant qu’ils font sous-traiter l’essentiel du produit à une autre boîte, et que personne dans la boîte ne sait faire du développement Apple. Bref, je pouffe intérieurement. J’en profite pour lui mettre un bon croché du droit intérieurement aussi, c’est gratuit et ça fait du bien.

On me demande si je sais faire de l’Objective-C. Moi qui n’est jamais touché de près ou de loin, et qui croyait lire un mélange d’hébreu et de turque la dernière fois que j’ai ouvert un des fichiers sources, je bafouille un “ouiiii mais noooon, ça dépeeennnd, j’ai demandé à la luuuuuune”, etc. Ça a l’air de le convaincre, puisque je suis donc proclamé développeur iPad et interaction designer. Décortiquons ensemble ces termes mystérieux et nocturnes, qui donne envie de crier à la victoire sur l’Allemagne, alors que même pas.

Ingénieur iPad, ça veut dire que je travaille sur un Mac et que je transfère un programme sur une tablette, c’est joli ça fait des bulles, standing ovation Palavas faites du bruit (pour les vrais de vrais qui sont allé se peler les synapses sur la plage à l’époque où le FISE était à Palavas). Interaction designer, ça veut dire que je suis à l’écoute des designers, et que dès que y’en a un qui veut changer trois pixels sur l’écran, comme ce sont des glands qui ne savent manier que Photoshop et la souris, je le fais pour eux. J’encule les mouches à leur place, si ça parle plus à certains.

Bref, du coup ils font attention à moi et j’ai pu faire chier l’administrateur système en changeant la moitié de mon bureau, un plaisir que tout le monde ne sait pas apprécier. Maintenant j’ai un Mac, un iPad et iTouch à ma disposition, j’hésite encore sur quel appareil est le moins pire en terme d’utilité, mais comme le disait Himler en visitant Auschwitz un jour de pluie, ne boudons pas notre plaisir.

12 mai

J’ai écrit tous les jours depuis le dernier article, mais mon ordinateur a été mangé par des bedbugs, du coup impossible de publier.

Cela dit, c’est pas non plus loin de la vérité, mon omniscient rommate ayant une fois de plus la certitude absolue confirmée de l’espace que nous ne dormons pas seuls la nuit, brandissant sous mes yeux trois boutons ridicules sur sa nuque et dans le dos. Je vais finir par l’abattre, ça lui fera au moins une bonne raison d’avoir mal.

Je ne peux continuer la suite des évènements sans vous relater quelques épisodes des semaines d’avant ; Il y a donc bien deux semaines, Aaron Weasley se réveille en panique, et m’explique dans le blanc des yeux qu’il a été piqué par des bedbugs cette nuit. Comme d’habitude, il a passé une partie de la matinée à lire la moitié d’Internet sur ces sales bêtes, du coup quand je rentre il est déjà en train de me dire qu’il faut quitter l’hôtel, et que il ne reste pas une nuit de plus ici.

Retenant mon spécial pied-bouche-coco, j’explique au bonhomme que je ne bougerai pas d’un de mes maigres poils, et que si il est tant convaincu que la mort nous en veux, je me propose à échanger les lits, pour moi aussi savourer la morsure discrète de nos micro-camarades sanguinaires. Il accepte le pacte, et c’est comme ça que j’ai carotte le plus grand lit de la chambre en toute honnêté, le tout pendant deux semaines de sommeil délicat, perturbé non par les morsures mais par les ronflements de Barbie Bedbugs, qui comme d’habitude tente d’accorcher un petit 250 décibels aux alentours de trois heures du matin.

Tout allait donc très bien jusqu’à ce que, voir plus haut, Aaron m’affirme d’une voix tremblante qu’il est dévoré par l’armée des insectes invisibles. Du coup le lendemain matin, il décide d’aller à l’hôpital pour faire analyser ses boutons, heureusement qu’il est pas français parce qu’il nous aurait sodomisé le trou de la Sécurité Sociale depuis perpette l’animal. Quand il est revenu, ça m’a fait rire, il a pris son air tout sérieux de « C’est pas tout ça, mais je pense que la troisième guerre mondiale arrive ». Et puis j’ai vite déchanté, parce que le docteur en mousse qui l’a vu (le pauvre), a confirmé une histoire de bedbugs, comme quoi c’est pas en étant docteur qu’on dit moins de conneries.

Il était déjà en train de m’expliquer qu’il fallait qu’on lave toutes nos affaires _deux_ fois (déjà qu’une ça me fait chier), et qu’on change de chambre si jamais il était d’accord pour qu’on reste à l’hôtel. Retenant une deuxième fois une pluie de cocos fulgurante, je lui ai expliqué que c’était dans sa tête, et que je m’offrais en sacrifice aux bedbugs suprêmes en reprenant le petit lit le soir même.

Ça fait quatre jours que les bedbugs m’ignorent de nouveau. Trop de muscles sûrement.

Papa président

Coucou Les Enfants !

La nouvelle du jour, mais oui, c’est le 44° président des states qui l’a donné ce matin à 5h35mn (!), Ben Laden n’est plus ! Ouarf ouarf ! Il a raconté une super histoire avec une quarantaine de soldats ricains, tous des james bond, qui ont attaqué le bunker de Ben au Pakistan et l’ont foudroyé d’un seul coup d’un seul, pas un blessé, pas une égratignure, même pas dépeignés sous leur casque à coup sûr ! 
Quand on pense à quel point c’était facile, j’aurais pu y aller un weekend…. Rendez vous compte un peu de la tartufferie sauce us : La terreur de l’humanité, tranquille sur sa chaise longue dans un coin où ça craint plutôt, des années qu’on le cherche, il a sûrement ni la tété, ni le téléphone, et le caniche qui garde la propriété n’a pas du aboyer assez fort ! Ben laden serait-il un imbécile finalement….Moi, ça me plairait pas, un peu comme Gagbo qui se fait choper en “marcel”, la honte….
Deuxième scoop : une boite noire du vol paris-rio(perdu en mer il y a maintenant deux ans au moins…) a été retrouvée dans les profondeurs abyssales de la mer ! Depuis que je suis gosse, le verdict des boites noires n’a jamais rien expliqué, et surtout, ça a couté beaucoup de pognon au contribuable…. Encore des trucs d’assureurs qui manœuvrent en douce histoire de ne pas trop indemniser. 
Bon, en attendant, vigilance les gars, si ça doit craindre coté bombinettes farçeuses, c’est maintenant notamment, je le redis, évitez les grands rassemblements….  coté populace, si j’en crois le journal du jour, le 1° mai n’a pas réuni beaucoup de monde, le muguet se fane  avec le temps….

Trêve de plaisanterie, la semaine attaque, il fait beau et encore frais, (c’est le matin…), et je vous souhaite un bon réveil dans ce monde irréel parfois. Et c’est vrai qu’il est beau quand même si on enlève la crasse des hommes, regardez un peu la finesse des petites fleurs, leurs couleurs, la beauté des paysages qui nous entourent, quelle magnificence !

En conclusion, prenez du temps pour mettre le nez dehors, regarder le ciel, la mer, les oiseaux, le monde est à redécouvrir !

Je vous embrasse très fort, que la sagesse vous accompagne, hugh !


                           Papa

25 avril

Six mois plus tard dans la forêt.

Hier soir, las de ces nuits incomplètes et des ces soirées futiles, j’avais décidé de dormir huit heures sèches, histoire d’être dans le rhythme pour ma semaine de jeune professionnel. Manque de bol, de toute façon j’avais pas faim, il se trouve qu’au hasard d’une conversation avec une américaine d’origine chinoise (ai-je encore besoin de préciser ?), je nous découvre un faible pour le whisky, une boisson un peu moins dégeulasse que le Gin & Juice infect qui sévit dans le sous-sol de l’auberge.

Résultat, je me suis retrouvé à tenir une douce créature au dessus d’un entre-immeuble glauque, vomissant ses tripes pendant que je lui demandais poliment si elle aussi elle trouvait que Spiderman aurait eut l’air con s’il s’était fait piqué par un moustique. La belle ne sut pas répondre à ma question pertinente, d’ailleurs elle ne dévoilat pas une fois le fond de sa pensée, à l’inverse du fond de son estomac, qu’elle dévoilât maintes fois dans des bruits grotesques qui ne <sierre, saillir, imparfait, Dieu lui-même n’y avait pas pensé> (siésait ?) pas à son visage gracieux.

Le mieux c’est quand je l’ai raccompagné à sa chambre et que j’ai essayé de la porter façon Prince-tout-choco jusqu’au troisième étage, sauf que moi niveau force des bras, j’ai pris l’option flan-faible ; du coup j’ai failli lui tomber dessus dans l’ascenseur, et je l’ai un peu broyé sur son propre mur lorsqu’après vingt mètres d’effort insoutenable dans le couloir, je la déposais avec la grâce d’un baleineau lâché en pleine guarrigue, le temps d’ouvrir la porte de sa chambre miteuse.

Une fois que j’eu posé la bête dans son lit, dans lequel elle mourût immédiatement, je redescendis le pas hésitant, encore atterré par ma performance annuelle de porté de vâches à maines nues sous alcoolémie contrôlée. Bref, j’arrive au premier étage, l’espace “lounge” et ses canapés moelleux, lorsque j’aperçois la silhouette confuse d’une autre victime de l’alcool, qui s’avère être Dominique,  un garçon épidermiquement noir, qui respire à moitié dans la trace horrifiante de son vomi encore frais (je vous mets les détails avec, c’est cadeau).

Ne voulant pas perdre un autre Bon Scott, j’ai de suite le bon réflexe : je me casse en bas pour prévenir mon colloc, qui a de l’expérience dans le domaine. Résultat, on l’a tiré un peu plus loin (au sens cinétique), et je lui ai filé ma veste, qu’est ce qu’il faut pas faire pour préserver les espèces en voie d’extinction. Du coup on lui a sauvé la vie, et on en a profité pour immortaliser l’instant, je vous laisse savourer.

Dominique, ne nous remercie pas

Bref, couché à 6h30, après m’être battu une dernière fois avec le rideau, qui me tombât sur la gueule sans vergogne, avec les tringles et tout le tutti frutti. Je me suis laissé allé à un sommeil frêle et sans espoir, ne pouvant même pas compter sur mes deux heures de sommeil restantes, Aaron répondant encore une fois présent au poste de baryton nasal, symphonie pour un mort en nez majeur. Que du bonheur.

18 avril

Je me suis levé à 8h au lieu de 7, intentionellement, parce que l’autre idiot a encore ronflé comme un dragon frustré, du coup mon sommeil entre cinq et sept heures a été plutôt léger.

M’enfin sinon la routine, je suis allé au boulot, j’ai du me taper la réunion d’ingénieurs dirigée par notre manager, un brave homme avec une tête de rat (oh que si), qui parle très vite en abusant du “right?”, ce qui prouve bien qu’il porte en lui un terrible traumatisme infantile, lorsque personne ne l’écoutait, ou alors pour lui couper la parole. Je passe les détails de la présentation faite à grands coups de Comic Sans MS, si on a fréquenté les meilleures universités de Montpellier, c’est une souffrance cicatrisée.

Non par contre, l’évènement du jour, c’était en milieu d’après-midi, alors que j’atteignais les sommets de la bulle, les yeux à moitiés fermés devant mon écran.

J’en profite pour clarifier deux trois détails sur ce blog et mes récits difficilement quotidiens. Le fond noir et l’ambiance sombre, ce n’est pas de la dépression moisie mais l’expression de mon minimalisme combinée au fait que ça me repose les yeux et que en toute logique, ça use moins d’énergie que les pixels blancs, qui sont plus lumineux. Et comme je me doute bien des millions de visiteurs qui passent sur ce blog les yeux avides et la bouche sèche, j’en profite pour sauver l’environnement.

Deuxièmement, mes récits ne sont pas tristes, je trouve simplement plus de facilité à décrire des situations misérables que j’exagère parfois (sauf le sushi, qui était vraiment dégeulasse jusqu’au bout de la nuit), plutôt que le soleil et les robots licornes qui passent dans la rue.

Finalement, mon travail me plaît, je bosse chez Fanhattan, c’est du feu et on va sûrement dominer le monde d’ici Septembre. Certes, il m’arrive de ne rien comprendre à ce qu’on me demande de faire et par conséquent d’attendre patiemment que le savoir me tombe dessus tel l’éléphanteau qui loupe la marche, mais sinon je vous rassure tout va bien.

Je suis ravi d’être à San Francisco, et même si la maison me manque de temps en temps, c’est quand même une vie palpitante, j’insult − je rencontre trois nouveaux pays chaque soir à l’hôtel, et enfin c’est aussi une victoire sur tous les imbéciles qui m’ont dit que je pourrais pas partir à SF, parce que c’était trop tard, trop cher, trop ceci et trop cela. J’ai du prendre ma décision un mois avant (je salue tous ceux qui m’ont dit que pour faire son stage aux US il fallait s’y prendre 6 mois avant)(cela dit, c’est quand même un avantage) la date de début, avec un visa qui prends d’habitute 4/5 semaines, les frais autour, le rendez-vous à l’ambassade de Paris, et apprendre à vivre tout seul, loin de sa tendre famille, et du chat.

Tout va bien, marquise ou pas. 

Donc aujourd’hui, j’attendais le savoir au boulot, lorsque soudain, une espèce de détonation sourde fait vibrer mon corps (elle a bien de la chance) un instant, une seconde troublante, puis quelques moments plus tard, alors que tout le monde enlève ses écouteurs pour localiser l’immonde personnage responsable de la caisse de Richter, une deuxième secousse vient calmer le bureau, comme un orage immense qui gronderait par dessous.

Pour le 105ème anniversaire du séisme de 1906 qui avait ravagé San Francisco, la faille nous a offert un petit séisme de magnitude 3.8, deux secousses qui ne sauraient troubler l’ordre publique, mais croyez bien que je faisais pas le malin, le cœur affolé par l’incroyable force d’une Terre qui peut détruire une ville en trois mouvements, au sens propre.

Sur ce, me voila arrivé à l’hôtel, où je vais me faire une sieste bien méritée, avant que l’autre ours du New-Jersey vienne chasser Morphée par la force de ses rugissements nasaux.

Le temps que j’écrive autre chose. Pip-pip-pip-pip, thunderbird!

13 avril

Hier soir c’était encore la fête au village (le sous-sol), du coup toute l’Europe est descendue jouer au beer-pong, vu qu’un troupeau de Suédois tous plus blonds les uns que les autres venaient d’arriver. Des gens très propres, très aimables, légère résitance au genou-mâchoire que j’administre habituellement pour abréger les présentations, mais ils restent agréables. J’en ai profité pour apprendre la prononciation du groupe Slägsmogkluben, qui, même s’il se prononçait comme il s’écrit, n’en serait pas moins périlleux à sortir.

Et là, je n’espère même pas créer un suspense, arrive dans la salle, frais comme un chinois dopé aux Jeux Olympiques de 2012, catégorie Surf, Bodyboard & Tsunami, j’ai nommé le grand (mais avec une petite tête) Éric.

Éric nous anonce donc, jovial qu’il est, que c’est boisson à volonté, et que les verres de Gin & Juice  doivent couler à flot, tels les vagues au Japon, et qu’on va s’éclater, tels les centrales au Japon (quand je vous dis qu’ils sont omniprésent, les bougres).

Réticent aux paroles raccoleuses de cet individu corrompu, je m’avance quand même vers le bar avec les marseillais et Wu, histoire de boire un verre ou deux, en tout bien tout honneur. Résultat : j’étais cramé au bout d’une heure. Je sais pas si c’est à cause du FlipCup ou du BeerPong, mais j’étais tellement démoli que je suis remonté en vitesse dans ma chambre (enfin j’ai rampé à vive allure), et j’ai du faire face à la situation.

Qui n’a pas vécu cet instant solennel, dressé devant le miroir d’une salle de bain, contemplant en toute miséricorde l’image détruite d’un être battu, le sang corrompu par l’alcool, avec cette dernière pensée lucide, mince lumière perçant l’enveloppe des vapeurs éthyliques : « je lâche un pâté ou bien ? ».

En grand guerrier que je suis, je décide de garder mes richesses pour moi, et tente de mépriser de mon mieux la cuvette des WC qui me guette sournoisement, de toute sa froide blancheur et son allure de chiottes. Avec avoir bu un bon litre d’eau en deux minutes, je tombe sur mon lit, au terme d’une lutte forcenée contre mes vêtements (un vil complot sans doutes).

Mon regard vacille une dernière fois vers le plafond désolé (Y.P), puis je sombre, avec la grâce d’une vache droguée qui se jette dans le Nil, dans un sommeil lourd dont seul Aaron me sortira sept heures plus tard.

12 avril

Je suis pas en retard, je vous rappelle qu’avec le décalage horaire on est encore le 3 avril ici. Bon sinon je vais essayer de reprendre un rythme quotidien, mais je ne garantis rien, tout le monde ne peut pas se payer un chinois qui danse torse-nu tous les jours.

Hier soir on est allé manger thaïlandais, de toute façon le choix est plutôt rapide dans ces contrées : burger double-steak combo aérien triple salade reprise de volée rentrant tomate corner, soit il faut se tapper la bouffe chinoise/japonaise/thaïlandaise/coréenne, irradiez les mentions inutiles.

J’étais accompagné de mon gang fraîchement formé, à savoir :

  • Nathanaël : de son mètre quatre-vingt de haut, ce bipède en quatrième année des Beaux Arts de Marseille (donc déjà on sait qu’ils font pas que de la pétanque) est venu en voyage d’études, un prétexte risible pour se la couler douce à SF et rendre un tableau tout moche en guise d’étude. Nathanaël chasse fréquemment l’argentinaise dans les couloirs de l’hôtel, l’a même serré aux toilettes du cinquième la dernière fois, mais ne connaît toujours pas son prénom. Je pense que c’est parce qu’il a déjà du mal à se souvenir du sien.
  • Lucas : compagnon de voyage de l’individu précédent, Lucas porte des jeans serrés et des Dock Martin’s, c’est normal, lui aussi il fait les Beaux Arts de Marseille et il écoute The Brian Jonestown Massacre, donc il a pas le choix, en fait ;
  • Rémi : né à New York, Rémi a grandi en France, avant de revenir aux USA d’Amérique du Nouveau Contient du Monde Terreste, et de visiter San Francisco, ville de liberté et de chinois ;

Donc ça c’est pour les français. Après y’a Aaron/Wu, qui n’est qu’une seule et même personne, mon colloc, pour ceux qui ont la mémoire courte ou l’encéphale faible.

On investit donc le restaurant thaïlandais, et je m’empresse de gratifier le personnel d’un « heureusement que j’ai pas faim », ce qui n’était pas si déplacé que ça vu que Wu m’avait filé un reste de burger quelques heures avant.  Lui-même n’étant pas spécialement affamé, on s’est partagé un menu étudiant, du coup j’ai attendu 30 minutes de pouvoir sortir fièrement ma carte UM2, et ces pingres me l’ont pas demandé, c’est bien la peine de se faire recenser tiens.

Cela dit, c’était quand même bon. Dommage qu’on soit obligé de manger avec deux bouts de bois mal taillés, mais comme le disait Himmler en visitant Auschwitz un jour de pluie, ne boudons pas notre plaisir (©).

Je pourrais vous raconter le beer-pong, les oréos que je vole une fois par semaine à l’épicerie du coin et comment j’ai dansé avec un SDF plus tard dans la soirée, mais ce fera l’objet de récits autour du feu, ma prose déjà vacillante ne pouvant plus assurer l’écriture de cet article.